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ATS ressources humaines : sa place dans le SIRH

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ATS ressources humaines : sa place dans le SIRH

La question arrive presque toujours par la même porte. Un logiciel de tri des candidatures est en test dans l'équipe, il fonctionne bien, et quelqu'un pose la question qui bloque tout : « Et ça se branche comment avec notre outil RH ? » Personne ne sait répondre précisément. On cherche alors ATS ressources humaines sur un moteur de recherche, et on tombe sur une dizaine de pages qui expliquent, avec beaucoup de patience, que l'ATS et le SIRH sont deux outils « complémentaires ». Puis elles s'arrêtent. Exactement là où votre travail commence.

Ce qui manque n'est pas une définition de plus. C'est la partie ennuyeuse : quelles informations vivent dans quel outil, laquelle des deux bases fait autorité quand les deux ne disent pas la même chose, ce qui doit voyager de l'une à l'autre le jour où un candidat signe, à quel moment exactement ce voyage doit avoir lieu, et ce qu'il advient du dossier des quarante personnes qui n'ont pas été retenues pour ce poste. Ces questions n'ont rien de théorique. Elles se posent le lundi matin, quand la nouvelle recrue arrive et que son nom n'existe encore nulle part dans l'outil qui gère les contrats.

Ce guide traite uniquement cette zone de contact. Il ne redéfinit pas ce qu'est un ATS ni à partir de quel volume il devient utile : cela a été traité ailleurs, et nous y renvoyons plus bas. Il ne compare pas non plus les éditeurs et ne donne aucun prix. Il décrit ce qui circule : la frontière tracée par la propriété de la donnée, la liste des champs qui traversent au passage candidat vers salarié, les trois chemins possibles pour les faire traverser, la vie du dossier d'une personne écartée, le cas de la personne qui postule trois fois en deux ans, et la décision à prendre quand votre SIRH embarque déjà un module de recrutement.

Une précision de méthode, parce qu'elle change la lecture de ce qui suit. Vous ne trouverez ici aucun taux d'équipement, aucune moyenne sectorielle, aucun coût moyen par recrutement. Ces nombres circulent beaucoup et ne disent rien de votre situation. Les seuls chiffres cités sont des règles publiques, lues à la source et datées : les phases du cycle de vie d'une donnée personnelle telles que la Commission nationale de l'informatique et des libertés les publie, et les limites annoncées de l'outil que nous éditons. Tout le reste est présenté comme repère de conduite de projet, à ajuster chez vous.

Quelle est la place d'un ATS ressources humaines dans le SIRH ?

L'ATS est le système de référence tant que la personne est candidate ; le SIRH le devient à partir de la signature. Entre les deux, un seul passage de données a lieu, dans un seul sens, avec une liste courte de champs d'identité et de contrat. Les évaluations, les notes et les motifs de refus restent du côté recrutement et ne traversent pas.

Cette réponse tient en quatre phrases, mais chacune porte une décision qu'il faut écrire noir sur blanc avant de brancher quoi que ce soit. « Système de référence » veut dire : l'outil dans lequel on corrige quand une information est fausse. « Un seul sens » veut dire : le SIRH ne renvoie rien vers l'ATS, jamais, même si le connecteur le propose. « Liste courte » veut dire : une liste écrite, validée, tenue à jour, et pas « tout ce que le connecteur veut bien transmettre ». Le reste de ce guide déplie ces trois phrases.

Si vous n'avez pas encore d'outil de tri et que la question qui vous occupe est plutôt de savoir s'il vous en faut un, ce n'est pas le bon article : la question du seuil et des six tâches qu'un tel outil reprend est traitée dans notre guide sur ce à quoi sert un ATS en recrutement et le moment de l'acheter. Le présent guide suppose que la décision est prise, ou qu'un outil est déjà en place, et s'occupe de la cohabitation avec l'existant.

La frontière se trace avec les données, pas avec les brochures

Les comparatifs classiques opposent les deux outils par leurs fonctions : l'un publie des offres et suit des candidatures, l'autre gère des contrats et des absences. C'est vrai et c'est inutile, parce que les fonctions se recouvrent de plus en plus : la plupart des SIRH ont ajouté un onglet recrutement, et la plupart des ATS savent stocker un contrat signé. Si vous tracez la frontière avec la liste des fonctions, elle bougera à chaque mise à jour de l'un des deux produits.

Tracez-la avec les données et elle tiendra. Pour chaque information manipulée par les deux outils, trois questions suffisent, et elles se posent dans cet ordre.

Tableau opposant les données propres à l'ATS, les données propres au SIRH et la zone de contact entre les deux, avec pour chaque famille qui crée la donnée, qui la corrige et quel outil fait autorité
La même information peut exister des deux côtés sans que la question soit réglée : ce qui compte est de savoir où elle se corrige.

Première question : qui crée la donnée

Le nom, le numéro de téléphone et le courriel d'une personne entrent dans votre système d'information au moment où elle postule. Ils naissent donc dans l'ATS, saisis par la personne elle-même, ce qui est d'ailleurs la meilleure garantie d'exactitude que vous aurez jamais sur ces champs. À l'inverse, le numéro de matricule, la date d'entrée effective, le service de rattachement et le coefficient conventionnel n'existent pas tant que le contrat n'est pas établi : ils naissent dans le SIRH, ou dans l'outil de paie derrière lui.

Il y a une exception à repérer tout de suite, parce qu'elle produit ensuite des heures de discussion : l'ancien salarié qui repostule. Sa fiche existe déjà quelque part, avec un matricule, un historique et parfois un solde de congés. Nous y revenons dans la section consacrée aux doublons, car ce cas casse la règle simple « le candidat naît dans l'ATS ».

Deuxième question : qui la corrige

C'est la question qui tranche vraiment, et c'est celle qu'on oublie. Une personne change d'adresse électronique pendant le processus de recrutement : elle vous écrit, vous corrigez. Où ? Si elle est encore candidate, dans l'ATS. Si elle est salariée depuis trois semaines, dans le SIRH, et surtout pas dans l'ATS, où sa fiche n'a plus de raison d'être mise à jour.

Écrivez cette règle en une ligne et affichez-la à l'équipe. Sans elle, vous obtenez au bout de six mois deux adresses différentes pour la même personne, dans deux outils, et personne ne sait laquelle est la bonne. La question n'est pas technique : aucun connecteur ne la résout, parce qu'un connecteur transporte ce qu'on lui dit de transporter et ne sait pas laquelle des deux valeurs est vraie.

Troisième question : laquelle fait autorité en cas de désaccord

Il arrivera qu'un outil affiche « Marie Dupont-Lefèvre » et l'autre « Marie Dupont Lefevre ». Il arrivera qu'une date de début diffère d'une semaine parce que la promesse d'embauche mentionnait le 1er et que la personne a finalement commencé le 8. La bonne pratique tient en une phrase : le système de référence change au moment de la signature, et une seule fois. Avant, l'ATS fait foi. Après, le SIRH fait foi, y compris sur les champs qui viennent à l'origine de l'ATS.

Ce basculement doit être écrit, parce qu'il est contre-intuitif pour l'équipe recrutement : elle continue naturellement à considérer « sa » fiche comme la bonne pendant des mois. Une phrase dans la procédure d'accueil suffit : à partir du jour de la signature, toute correction se fait côté RH, et la fiche candidat n'est plus modifiée.

Ce que l'ATS détient et que le SIRH n'a aucune raison de recevoir

La liste est plus longue qu'on ne le croit : les notes d'entretien, les grilles d'évaluation remplies par les personnes qui ont reçu le candidat, les scores ou verdicts attribués par un outil de tri, les motifs de refus des autres candidats, les échanges de messages pendant le processus, les prétentions annoncées au premier entretien, les enregistrements et transcriptions d'entretiens quand vous en faites. Rien de tout cela n'a d'usage dans un outil de gestion du personnel, et tout cela y devient un risque le jour où quelqu'un exporte la base.

Le raisonnement n'est pas seulement juridique, il est opérationnel : une note d'entretien écrite pour départager deux finalistes n'a plus aucun sens six mois plus tard, dans un contexte où la personne est en poste et évaluée par son responsable sur d'autres critères. La faire voyager, c'est fabriquer un malentendu à retardement.

Ce que le SIRH détient et que l'ATS n'a pas à connaître

Symétriquement : le salaire réel versé, les absences, les arrêts, les entretiens annuels, les demandes de formation, les coordonnées bancaires, la situation familiale. Aucun de ces éléments ne remonte vers l'outil de recrutement, et c'est le premier réflexe à avoir devant un connecteur qui propose une synchronisation « bidirectionnelle » : demandez la liste exacte des champs qui redescendent, et coupez-la.

La seule information qu'on aimerait légitimement voir revenir est d'une autre nature : savoir si la personne recrutée est toujours là au bout d'un an, pour juger la qualité du recrutement. Cette information n'a pas besoin de traverser sous forme de fiche. Un décompte, sans nom, transmis une fois par trimestre, répond à la question sans faire circuler de données personnelles.

Du candidat au salarié : quels champs partent, et à quel moment

C'est le cœur du sujet, et c'est la section que les comparatifs n'écrivent jamais. Une personne accepte votre proposition : à cet instant précis, une partie de son dossier doit devenir un dossier salarié. Deux décisions sont à prendre, et elles sont indépendantes l'une de l'autre. Quels champs traversent, et quand.

Schéma en trois colonnes montrant les champs qui passent de l'ATS au SIRH, ceux qui restent côté recrutement et les trois moments possibles du passage, de la promesse acceptée au premier jour
La liste courte tient sur une page : c'est précisément parce qu'elle est courte qu'elle se tient dans le temps.

Les champs qui traversent : la liste courte

Une liste raisonnable tient en trois familles. L'identité d'abord : nom d'usage, nom de naissance s'il diffère, prénom, date de naissance, adresse postale, courriel, téléphone. Le contrat ensuite : intitulé du poste tel qu'il figurera sur le contrat, service de rattachement, nom du responsable hiérarchique, type de contrat, date de début convenue, lieu de travail principal, temps de travail prévu. La traçabilité enfin : la référence de l'offre à laquelle la personne a répondu, la date de la décision, et le nom de la personne qui a validé le recrutement.

Cette troisième famille est celle qu'on oublie systématiquement, et c'est la plus utile deux ans plus tard. Quand quelqu'un demande « pourquoi ce poste a-t-il été ouvert et qui a validé ? », la réponse doit se trouver dans le dossier du salarié, pas dans un ATS dont vous aurez peut-être changé entre-temps. Trois champs, jamais plus, et le problème est réglé pour de bon.

Notez ce que cette liste ne contient pas : la rémunération. Le montant convenu figure dans la promesse d'embauche et dans le contrat, deux documents que le service RH établit. Le faire transiter par l'outil de recrutement, c'est en faire une donnée de plus à protéger, dans un système où elle n'a pas besoin d'exister. Si votre ATS possède un champ « salaire proposé », la bonne pratique est de le laisser vide et de conserver la fourchette au niveau du poste, pas de la personne.

Les champs qui ne traversent pas : la liste qu'il faut écrire aussi

Écrire la liste des champs qui restent est aussi important qu'écrire celle des champs qui partent, pour une raison bête : la plupart des connecteurs proposent par défaut de tout transmettre, et l'équipe qui paramètre coche par prudence plutôt que de décider. Restent donc du côté recrutement, et uniquement là : le CV et la lettre de motivation, les notes prises pendant les entretiens, les grilles remplies, les verdicts de tri automatique et les extraits qui les justifient, les échanges de messages, les disponibilités annoncées, les résultats d'éventuels tests.

Une exception mérite discussion, et vous devrez trancher chez vous : les documents administratifs demandés en fin de processus — pièce d'identité, titre de séjour quand il est requis, attestation de diplôme, permis pour certains postes. Ils sont demandés à un candidat mais servent au dossier salarié. Deux positions se défendent. Soit vous les demandez seulement après la signature, directement dans le circuit RH, et rien ne traverse. Soit vous les collectez à la fin du processus de recrutement et ils traversent avec le reste. La première option est plus propre ; la seconde évite de redemander des pièces à quelqu'un qui vient de les envoyer. Choisissez, écrivez-le, et surtout ne laissez pas les deux circuits fonctionner en parallèle.

Trois moments possibles pour le passage, trois conséquences

Le second choix porte sur l'instant du transfert. Trois moments sont défendables, et ils ne produisent pas les mêmes ennuis.

À l'acceptation de la promesse. C'est le moment le plus tôt, et il a un avantage réel : le service RH dispose de plusieurs jours pour préparer le contrat, la déclaration préalable, le matériel et les accès. Son inconvénient est connu de tous ceux qui l'ont pratiqué : une promesse acceptée n'est pas une personne arrivée. Il faut donc prévoir ce qui se passe quand la personne se désiste, et la réponse ne peut pas être « on supprimera la fiche » — dans la plupart des SIRH, une fiche créée puis annulée laisse une trace, un numéro consommé, parfois une ligne dans un journal que la paie relira.

À la signature du contrat. C'est le moment le plus courant et le plus sûr. Le dossier salarié se crée quand l'engagement est réciproque et formalisé. L'inconvénient est le délai : entre la signature et le premier jour, il reste parfois trois jours ouvrés pour tout préparer.

Au premier jour. C'est le moment le plus tardif, et il ne se défend que dans un cas : quand la déclaration et l'ouverture des accès sont de toute façon faites à la main ce jour-là. Sinon, il garantit une matinée d'accueil passée à saisir des informations pendant que la personne attend.

Quel que soit le moment choisi, écrivez-le et tenez-vous-y. Le pire des trois scénarios est celui où le moment dépend de qui s'occupe du dossier : vous obtenez alors des fiches créées à trois stades différents, et plus personne ne sait, devant une fiche vide, si elle attend une signature ou si quelqu'un a oublié de la remplir.

La page de bascule : quatre lignes, une validation

Un geste simple règle la plupart des incidents de cette zone : avant tout transfert, quelqu'un regarde une page qui affiche les champs sur le point de partir et valide. Quatre lignes suffisent : l'identité telle qu'elle sera reprise, la date de début, le poste et le service, et le nom de la personne qui valide. La page peut être un écran du connecteur, un aperçu avant import, ou une simple impression de la ligne du fichier.

Ce contrôle prend deux minutes et il attrape les trois erreurs les plus fréquentes : le nom saisi en minuscules par le candidat et repris tel quel dans un contrat, la date de début qui a bougé lors du dernier appel téléphonique sans que personne ne l'ait modifiée dans l'outil, et l'intitulé de poste de l'annonce — souvent écrit pour attirer — qui n'est pas l'intitulé du contrat. Ces trois erreurs se corrigent en dix secondes avant le transfert et coûtent une demi-journée après, une fois qu'elles ont été recopiées dans un contrat, une déclaration et un badge.

Le cas des pièces jointes, découvert le jour de la bascule

Les champs de texte traversent sans difficulté. Les fichiers, beaucoup moins, et c'est la mauvaise surprise classique. Le CV pèse deux mégaoctets, le SIRH accepte des pièces jointes mais les range dans une arborescence propre, et le connecteur ne sait pas dire dans quel dossier les déposer. Résultat courant : les fichiers ne partent pas, personne ne s'en aperçoit, et six mois plus tard le dossier du salarié est vide côté documents.

Deux décisions à prendre avant de brancher. Premièrement, les fichiers de candidature doivent-ils vraiment rejoindre le dossier salarié ? Le CV, dans la plupart des cas, non : il a servi à décider, il n'a plus d'usage ensuite. Deuxièmement, si vous décidez qu'un document doit traverser — une attestation, un diplôme —, vérifiez à la main sur le premier dossier réel que le fichier est bien arrivé, au bon endroit, et lisible. Ce contrôle ne se fait qu'une fois : soit le chemin fonctionne, soit il ne fonctionne pas.

Trois chemins pour relier les deux, et ce que chacun fait aux données

Une fois la liste des champs écrite et le moment choisi, reste à décider par quel chemin l'information passe. Il n'en existe que trois, et le choix se fait moins sur le prix que sur ce que chaque chemin fait subir aux données. Le coût de la liaison entre deux briques RH, compté en heures de travail par mois, a été calculé dans notre guide sur les sept briques d'un logiciel RH et l'ordre dans lequel les acheter ; nous ne le refaisons pas ici et nous regardons uniquement la fidélité, la traçabilité et les points de rupture.

Trois colonnes comparant la saisie manuelle, le fichier exporté et le connecteur applicatif sur la fidélité des données, la trace laissée, le point de rupture typique et la situation où chaque chemin convient
Aucun des trois chemins n'est mauvais en soi : chacun échoue à un endroit précis, qu'il suffit de connaître pour le surveiller.

La saisie manuelle : fidèle si elle est encadrée, inventive sinon

Quelqu'un ouvre la fiche du candidat d'un côté et crée la fiche du salarié de l'autre. C'est le chemin le plus fréquent, et il n'a rien de honteux : en dessous d'une poignée de recrutements par mois, il coûte moins cher qu'un projet d'intégration et il donne un contrôle total sur ce qui traverse.

Son défaut n'est pas la lenteur, c'est la variation. Deux personnes ne saisissent pas la même chose : l'une écrit le nom composé avec un trait d'union, l'autre avec une espace ; l'une met l'intitulé du contrat, l'autre celui de l'annonce ; l'une remplit le champ « service », l'autre le laisse vide parce qu'il n'est pas obligatoire. Au bout d'un an, votre base contient trois façons d'écrire le même service, et le décompte par service devient faux.

Le remède tient en une page : la même liste de champs, dans le même ordre, avec pour chacun la forme attendue et un exemple. Cette page se colle à côté de l'écran, et elle vaut mieux que n'importe quelle formation. Ajoutez-y la règle de copier-coller : on copie, on ne retape pas. Retaper une adresse électronique introduit une faute environ une fois sur vingt, et cette faute-là est particulièrement pénible, puisque les accès de la personne partiront à une adresse qui n'existe pas.

Le fichier exporté : le chemin le plus lisible, à condition d'avoir une clé

On exporte les dossiers recrutés depuis l'ATS, on importe le fichier dans le SIRH. C'est le chemin intermédiaire, et son gros avantage est d'être visible : le fichier existe, on peut l'ouvrir, on peut le relire, on peut le garder comme trace de ce qui a été transmis et quand.

Trois précautions font la différence entre un import propre et une soirée perdue. La première : fixer un identifiant unique qui ne change jamais, généralement la référence interne du candidat dans l'ATS. Sans identifiant, le rapprochement se fait sur le nom, et le nom n'est pas une clé — deux personnes peuvent le porter, une personne peut en changer. La deuxième : figer l'ordre et le nom des colonnes, et refuser de modifier le format une fois qu'il fonctionne. Un fichier d'import qui gagne une colonne au milieu casse silencieusement, en décalant toutes les valeurs d'un cran. La troisième : décider du format des dates une fois pour toutes, et vérifier ce que fait le tableur qui sert d'intermédiaire — c'est lui, presque toujours, qui transforme une date en nombre ou inverse le jour et le mois.

Ajoutez une habitude qui coûte trente secondes : conserver le fichier envoyé, daté, dans un dossier prévu pour cela. Le jour où une information est fausse dans le SIRH, cette pile de fichiers répond immédiatement à la question « est-elle partie fausse, ou a-t-elle été modifiée après ? ».

Le connecteur : vérifier ce que « natif » veut dire chez ce fournisseur

Le troisième chemin est le connecteur, présenté sur les pages produit comme une intégration « native » avec les principaux SIRH du marché. Le mot ne veut rien dire tant que vous n'avez pas posé quatre questions au fournisseur, et il faut les poser avant la signature, pas pendant le déploiement.

Premièrement, dans quel sens circulent les données, et quels champs redescendent ? Une synchronisation bidirectionnelle activée par défaut peut réécrire côté ATS des informations mises à jour côté RH : vous perdez alors le principe du système de référence unique.

Deuxièmement, à quelle fréquence, et que se passe-t-il en cas d'échec ? Une synchronisation nocturne qui échoue en silence est pire qu'une saisie manuelle, parce que personne ne s'aperçoit du problème avant plusieurs jours. Demandez à voir l'écran du journal des erreurs, et demandez qui reçoit l'alerte : si la réponse est « notre support », l'alerte n'est pas la vôtre.

Troisièmement, que se passe-t-il quand le même dossier est transmis deux fois ? La bonne réponse est « il met à jour la fiche existante grâce à l'identifiant » ; la mauvaise, très répandue, est « il crée une seconde fiche ».

Quatrièmement, la correspondance des champs est-elle modifiable par vous, ou faut-il ouvrir un ticket ? Cette réponse détermine le coût de tous vos changements futurs, y compris le simple ajout d'un service.

La table de correspondance : le document que personne ne veut tenir

Quel que soit le chemin choisi, il existe un document unique dont dépend tout le reste : la table de correspondance des champs. Une ligne par champ, quatre colonnes : le nom du champ dans l'ATS, le nom du champ dans le SIRH, la règle de transformation s'il y en a une, et la date de la dernière vérification.

La colonne des transformations est celle qui sauve. C'est là qu'on écrit que le champ « poste » de l'annonce devient l'« intitulé d'emploi » du contrat et non l'inverse, que la valeur « CDD 6 mois » se décompose en deux champs distincts côté SIRH, que le service « Support client » s'appelle « Relation clients » dans l'autre outil. Ces règles existent de toute façon ; la seule question est de savoir si elles sont écrites ou si elles vivent dans la tête d'une personne. La deuxième situation se paie le jour où cette personne est absente.

Ce document a un propriétaire nommé, pas un service, et une date de revue. Deux fois par an suffit, plus une revue à chaque changement de version d'un des deux outils.

La recette en dix minutes, avec deux dossiers fictifs

Avant de brancher pour de vrai, faites passer deux dossiers de test, et deux seulement. Le premier est un dossier simple : prénom et nom courts, sans accent, date de début lointaine, contrat classique. S'il ne passe pas, rien ne passera.

Le second est le dossier méchant, celui qui contient tout ce qui casse : un nom composé avec trait d'union et une particule, un prénom avec un accent et une apostrophe, une adresse sur trois lignes, un intitulé de poste long, une date de début un 1er du mois, un temps partiel exprimé en fraction. Vous ne testez pas le cas normal, vous testez les bords, parce que le cas normal passe toujours et que ce sont les bords qui produisent les incidents.

Regardez ensuite les données arrivées, champ par champ, dans le SIRH — pas dans l'aperçu du connecteur. Trois vérifications suffisent : les caractères accentués sont-ils intacts, les dates sont-elles au bon jour, et les champs obligatoires du SIRH sont-ils tous remplis ou certains sont-ils partis vides ? Ce dernier point est le plus sournois : un champ obligatoire vide bloque parfois la paie deux semaines plus tard, très loin du moment où l'erreur a été commise.

Le dossier du candidat écarté : qui le garde, où, et jusqu'à quand

Pour un poste pourvu, une seule fiche traverse vers le SIRH. Les autres restent, et ce sont elles qui posent la question la plus mal traitée du sujet. Elles ne disparaissent pas toutes seules, elles ne relèvent pas du SIRH, et leur sort ne se décide pas au moment où l'on s'en aperçoit — deux ans plus tard, quand une personne écrit pour demander ce que vous détenez sur elle.

La règle publique existe et elle est lisible. La Commission nationale de l'informatique et des libertés publie une page consacrée aux durées de conservation, relue pour cet article le 29 août 2026, qui décrit le cycle de vie d'une donnée personnelle en trois phases successives. Elle est citée ici telle quelle, sans interprétation, et elle ne remplace pas l'avis d'un juriste sur votre situation.

Capture de la page publique de la CNIL sur les durées de conservation, chapeau de la section sur le cycle de vie de la donnée et première phase, avec l'exemple des données d'un candidat non retenu
Le texte de référence ne dit pas « supprimer au bout de deux ans » : il dit que la donnée change de phase, ce qui n'est pas la même opération.

Les trois phases, appliquées à un dossier de recrutement

La première phase est la conservation en base active : la durée nécessaire à l'objectif qui a justifié la collecte. La page donne précisément notre cas comme exemple : dans une entreprise, les données d'un candidat non retenu sont conservées deux ans au maximum par le service des ressources humaines, sauf si la personne en demande l'effacement. Pendant cette phase, les données restent accessibles dans l'environnement de travail immédiat des équipes qui en ont l'usage.

La deuxième phase est l'archivage intermédiaire : les données ne servent plus l'objectif fixé — le dossier est clos — mais présentent encore un intérêt administratif, par exemple la gestion d'un éventuel contentieux, ou doivent être conservées pour répondre à une obligation légale. La page pose alors deux exigences concrètes. Les données ne peuvent être consultées que de manière ponctuelle et motivée, par des personnes spécifiquement habilitées. Et une séparation avec la base active doit être opérée : soit physique, en extrayant les données vers une base d'archivage dédiée, soit logique, en isolant les données par une limitation des habilitations.

La troisième phase est l'archivage définitif, réservé à des informations dont la valeur ou l'intérêt justifie une conservation pérenne. La page précise que, contrairement à la base active, les deux dernières phases ne sont pas systématiques : leur nécessité doit être évaluée pour chaque traitement, et un tri doit être opéré entre les données à chaque phase.

Ce que cela change dans un ATS, concrètement

Trois conséquences pratiques, à vérifier dans l'outil que vous utilisez ou que vous évaluez.

La première : votre outil sait-il faire autre chose que garder ou supprimer ? Un ATS qui ne connaît que deux états ne permet pas de matérialiser l'archivage intermédiaire. La séparation logique décrite plus haut suppose au minimum de pouvoir retirer un dossier de la vue courante et d'en restreindre l'accès à quelques personnes désignées. Si l'outil ne le fait pas, l'archivage se fera ailleurs, et il faut le prévoir.

La deuxième : la suppression est-elle réelle ? Un dossier « supprimé » qui reste visible dans une corbeille, dans un export ou dans une recherche globale n'est pas supprimé. Demandez à voir ce que devient un dossier après suppression, et vérifiez-le vous-même sur un dossier de test.

La troisième : le décompte part-il de la bonne date ? Le point de départ à retenir est le dernier contact avec la personne, et non la date de dépôt de la candidature. Ces deux dates diffèrent dès que vous relancez quelqu'un, ou dès qu'une personne postule à un second poste. Un outil qui ne connaît que la date de candidature vous fera calculer à la main.

Sur les obligations qui entourent la collecte elle-même — informer les candidats, y compris de l'existence d'un tri automatisé, limiter l'accès aux personnes en charge du recrutement, répondre à une demande de copie —, nous ne recommençons pas ici : elles sont détaillées dans notre guide sur le choix d'un logiciel de recrutement et les vrais critères de comparaison. Le présent article traite la suite de l'histoire, celle qui commence quand le dossier est clos.

La même donnée dans deux traitements : la question de la copie, réglée

Voici le point qui résout la confusion la plus fréquente de tout le sujet. Le jour où un candidat devient salarié, une partie de ses données est copiée vers le SIRH. Faut-il alors les effacer côté recrutement ? Et si le recrutement les efface, le dossier du salarié devient-il fragile ?

La page de la CNIL traite explicitement le cas d'une même donnée utilisée dans deux traitements distincts : elle peut être soumise à des durées de conservation différentes, et son archivage ou sa suppression dans l'un des traitements n'interdit pas de continuer à l'utiliser dans l'autre. Traduit dans notre situation : le traitement « recrutement » et le traitement « gestion du personnel » sont deux traitements différents, avec deux finalités différentes et deux durées différentes. La fiche du salarié dans le SIRH vit sa propre vie ; la fiche du candidat dans l'ATS suit le calendrier du recrutement, même s'il s'agit de la même personne.

Cela vous donne une règle simple, applicable dès demain : n'attendez pas la fin de vie du dossier de recrutement pour créer le dossier salarié, et ne conservez pas le dossier de recrutement « parce que la personne est chez nous ». Ce sont deux horloges indépendantes. C'est aussi, accessoirement, la raison pour laquelle il ne faut pas faire traverser les notes d'entretien : elles appartiennent au traitement recrutement et n'ont pas de place dans le second.

Ce qu'il faut écrire, et une seule fois

Trois lignes, dans votre registre des traitements, suffisent à tenir cette section : la durée retenue en base active pour les candidatures non retenues, ce que vous faites ensuite — archivage intermédiaire avec accès restreint, ou suppression —, et le point de départ du décompte. La page de la CNIL signale par ailleurs l'existence de référentiels de durées de conservation par secteur, dont un consacré à la gestion des ressources humaines ; les durées qui y figurent sont soit imposées par un texte, soit recommandées, et appliquer les durées recommandées constitue une présomption de conformité, tandis que s'en éloigner suppose de documenter son choix.

Ce travail se fait une fois, prend une heure, et transforme une question anxieuse en règle appliquée automatiquement. Il a aussi un effet secondaire agréable : le jour où une personne demande ce que vous détenez sur elle, vous savez exactement où chercher, dans quel outil, et sous quelle forme.

La même personne postule trois fois en deux ans

Ce cas paraît anecdotique tant qu'on ne l'a pas rencontré. Il devient central dès que votre base dépasse quelques centaines de dossiers, parce qu'il produit des erreurs visibles à l'extérieur : un message envoyé deux fois, un refus adressé à quelqu'un qui a déjà été reçu, un rendez-vous proposé à une personne à qui l'on vient de dire non.

Pourquoi le doublon se fabrique tout seul

Il ne vient presque jamais d'une négligence. Il vient de la manière dont les candidatures arrivent. La même personne postule une première fois avec son adresse personnelle, puis un an plus tard avec une autre adresse parce qu'elle a changé de fournisseur de messagerie. Elle candidate une fois par le formulaire de votre site et une fois par un site d'emploi qui vous transmet le dossier avec une adresse relais. Son nom composé est saisi avec un trait d'union sur un canal, avec une espace sur l'autre. Elle a répondu à deux offres différentes du même service, à six mois d'écart, et vos deux dossiers sont sincèrement distincts : ce sont deux candidatures, pour deux postes.

D'où une distinction utile : il y a le doublon de personne, qui est un problème, et la multiplicité des candidatures, qui est normale. Une personne peut avoir légitimement trois candidatures dans votre base. Elle ne devrait pas y avoir trois fiches d'identité.

La clé de rapprochement : ce qui marche, ce qui ne marche pas

Le nom seul ne marche pas : trop de personnes le partagent, et il s'écrit de plusieurs façons. Le courriel seul ne marche pas non plus : il change, il est parfois relayé, et une même adresse familiale peut servir à deux personnes. Le téléphone est meilleur mais souffre du même défaut, avec en prime les questions de format et d'indicatif.

Ce qui fonctionne en pratique est une combinaison, appliquée dans cet ordre : d'abord une correspondance exacte sur le courriel, ensuite une correspondance sur le nom de famille plus le téléphone normalisé, enfin une correspondance approchante sur nom et prénom qui ne conclut rien mais lève un signalement à vérifier à la main. Ce troisième niveau est important : il ne doit jamais fusionner tout seul. Une fusion automatique sur un rapprochement approximatif crée l'erreur la plus difficile à défaire de tout le système, celle où deux personnes réelles se retrouvent dans une seule fiche.

Normalisez avant de comparer, sans quoi rien de tout cela ne fonctionne : retirez les espaces superflus, ramenez la casse à une forme unique, ignorez les accents dans la comparaison seulement — pas dans l'affichage —, et pour les numéros de téléphone gardez uniquement les chiffres. Ces quatre gestes suppriment la grande majorité des faux doublons.

Fusionner ou relier : deux gestes différents

Devant deux fiches qui désignent la même personne, deux réponses sont possibles et il faut savoir laquelle votre outil applique.

Fusionner crée une fiche unique et fait disparaître l'autre. C'est propre, et c'est irréversible dans la plupart des outils. Une fusion demande donc une vérification humaine et, idéalement, une trace de ce qui a été fusionné.

Relier conserve les deux fiches et pose un lien entre elles : on voit, depuis l'une, qu'il en existe une autre. C'est moins élégant et beaucoup plus sûr. C'est aussi ce qui convient au cas le plus fréquent, celui d'une même personne qui a postulé à deux postes distincts : vous voulez voir l'historique sans mélanger deux processus de décision qui n'ont rien à voir.

Une règle simple couvre la plupart des situations : fusionner quand les deux fiches concernent la même candidature arrivée par deux canaux, relier quand elles concernent deux candidatures distinctes de la même personne.

Le doublon qui traverse : l'ancien salarié qui repostule

Voici le cas qui met en défaut la règle du début de ce guide. Une personne a travaillé chez vous il y a trois ans, elle repostule aujourd'hui. Elle a déjà une fiche dans le SIRH, avec un matricule et un historique. Elle vient d'en créer une nouvelle dans l'ATS, en tant que candidate.

La tentation est de rapprocher les deux immédiatement pour « éviter le doublon ». C'est une erreur, pour deux raisons. La première tient au principe posé plus haut : tant que la personne est candidate, elle relève du traitement recrutement, et l'ancien dossier relève d'un autre traitement, avec sa propre durée de conservation. La seconde est plus terre à terre : donner aux personnes qui recrutent l'accès à l'ancien dossier RH, c'est leur donner accès à des absences, à des évaluations et parfois à un motif de départ. Ce n'est ni utile pour décider, ni souhaitable.

La bonne pratique tient en deux gestes. Pendant le processus, on traite la candidature comme une candidature, et l'information « a déjà travaillé ici » circule par le canal normal : la personne l'écrit dans son dossier, l'équipe le sait. C'est au moment de la bascule, et seulement là, que le service RH rapproche la nouvelle arrivée de l'ancien dossier, retrouve le matricule et décide s'il est réutilisé ou non — question qui se règle dans le SIRH, selon ses propres règles, et pas dans l'outil de recrutement.

Le contrôle mensuel qui prend cinq minutes

Une recherche des doublons potentiels, une fois par mois, sur les dossiers créés dans le mois. Vous regardez les signalements, vous tranchez, et vous notez le motif quand vous décidez que ce n'est pas un doublon. Ce dernier point évite de reprendre la même vérification tous les mois sur les deux frères qui portent le même nom de famille et travaillent dans le même secteur.

Cinq minutes par mois valent mieux qu'une reprise de base annuelle, où l'on se retrouve devant trois cents signalements sans se souvenir d'aucun contexte. Et c'est le seul moment où l'on découvre, tranquillement, que le formulaire du site enregistre le courriel avec une majuscule tandis que le canal partenaire l'enregistre en minuscules : un défaut de normalisation qui se corrige en une fois.

Votre SIRH a déjà un module recrutement : le garder ou en ajouter un

La plupart des outils RH proposent aujourd'hui un onglet recrutement. La question n'est donc plus « ATS ou SIRH », mais « le module que je paie déjà suffit-il ? ». Elle se tranche avec cinq questions, et l'ordre compte : les deux premières décident dans la majorité des cas.

Tableau de décision à cinq questions pour choisir entre garder le module recrutement du SIRH, ajouter une brique de tri spécialisée ou combiner les deux, avec le signe observable qui tranche chaque question
Chaque question se répond par un fait observable cette semaine, pas par une intention : c'est ce qui rend la décision tenable.

Question 1 : combien de dossiers arrivent par poste ouvert

C'est le seul facteur qui change vraiment la nature du problème. Sur un poste qui reçoit une douzaine de candidatures, n'importe quel outil convient, y compris une boîte aux lettres bien tenue : le travail de tri se fait à la lecture, en une heure. Sur un poste qui en reçoit plusieurs centaines, le tri devient le goulot d'étranglement de tout le processus, et c'est là qu'un module généraliste montre ses limites — non pas parce qu'il est mauvais, mais parce qu'il a été conçu pour suivre l'avancement d'un dossier, pas pour aider à lire deux cents CV.

Regardez vos trois derniers postes ouverts, comptez, et décidez sur ce chiffre-là plutôt que sur une intention de recrutement.

Question 2 : où passe votre temps, à lire ou à suivre

Deux problèmes très différents se cachent derrière le mot recrutement. Suivre : savoir qui en est à quelle étape, qui attend une réponse, quel poste stagne. Lire : ouvrir des dossiers, comprendre en trois minutes si la personne correspond aux critères écrits, et justifier la décision.

Les modules intégrés aux outils RH sont en général bons pour suivre : c'est leur culture, ils viennent du monde du processus. Ils sont plus rarement outillés pour lire. Si votre douleur est le suivi, vous avez déjà ce qu'il faut. Si votre douleur est la lecture, aucune amélioration du suivi ne la résoudra.

Question 3 : combien de personnes doivent voir les candidatures

Un module intégré au SIRH pose une question d'accès particulière : pour faire lire les candidatures aux responsables des services concernés, il faut souvent leur ouvrir un compte dans l'outil RH. Selon le produit et le mode de facturation, cela peut être simple ou coûteux, et cela met parfois des gens à quelques clics d'informations qui ne les regardent pas. Posez la question dans ces termes concrets : pour que le responsable du service commercial lise les cinq finalistes de son poste, combien de personnes doivent créer quoi ?

Question 4 : qu'arrive-t-il aux dossiers non retenus

Reprenez la section précédente et posez la question à votre module intégré : sait-il archiver sans supprimer, restreindre l'accès aux dossiers clos, calculer une échéance à partir du dernier contact ? Beaucoup de modules généralistes traitent la candidature comme une étape avant la fiche salarié et gèrent mal la vie des dossiers qui ne débouchent sur rien — c'est-à-dire la grande majorité d'entre eux.

Question 5 : que coûte la double saisie que vous faites déjà

Question de contrôle, à poser en dernier. Si vous saisissez aujourd'hui chaque recrutement dans deux outils, comptez les gestes plutôt que les minutes : combien d'écrans, combien de champs, combien de fois la même information. Une double saisie de quatre champs, deux fois par mois, ne justifie aucun projet. Une double saisie de trente champs, quinze fois par mois, en justifie un — et le sujet devient alors la liaison, traitée plus haut, pas le choix de l'outil.

Les trois réponses possibles

Garder le module du SIRH. C'est la bonne réponse quand le volume par poste est faible, que la douleur est le suivi, et que les dossiers non retenus sont peu nombreux. Vous évitez une liaison, une facture et un projet. Ajoutez simplement une règle d'archivage et une page de contrôle avant création de la fiche salarié.

Ajouter une brique spécialisée à côté. C'est la bonne réponse quand la lecture est le goulot d'étranglement. Le SIRH reste le système de référence des salariés, la brique s'occupe de la période candidate, et vous branchez l'un des trois chemins décrits plus haut. C'est le schéma le plus courant dans les entreprises de taille moyenne, et c'est aussi celui dont ce guide décrit la mécanique du début à la fin.

Remplacer le module par un ATS complet. Réponse la plus lourde, réservée aux organisations qui recrutent en continu et pour lesquelles le recrutement est un métier à part entière. Elle suppose une reprise de l'existant et une conduite du changement que les deux premières n'exigent pas.

Sur la manière dont un module de recrutement embarqué dans un outil RH se comporte en pratique — ce qu'il couvre bien et l'endroit précis où il s'arrête —, nous avons publié une analyse en anglais consacrée à un cas répandu : BambooHR ATS: Where It Fits and Where It Stops. Elle est en anglais, mais la mécanique décrite vaut pour la plupart des suites RH. Et si la question qui vous occupe est plutôt de savoir quelles briques acheter en premier sous cent salariés, elle est traitée dans notre guide sur ce qu'il faut vraiment dans un SIRH de PME.

Où Orova Recruit se place dans ce schéma

Disons-le sans détour, parce que c'est exactement le sujet de cet article : Orova n'est pas un SIRH. Nous ne gérons ni la paie, ni les congés, ni le temps de travail, ni le dossier administratif du salarié, ni le registre du personnel. Nous ne publions pas d'annonces sur les sites d'emploi, nous ne faisons pas de multidiffusion, nous ne construisons pas de site carrière et nous n'allons pas chercher de profils dans une base du marché. Si vous cherchez l'un de ces éléments, aucun de nos arguments ne vous concerne.

Orova Recruit occupe la deuxième case de la question 2 ci-dessus : la lecture. Concrètement, l'outil aide à écrire et à analyser une fiche de poste, à poser les critères de sélection propres à ce poste, puis à traiter jusqu'à cinq cents CV par poste en les classant en trois verdicts — retenu, à revoir, écarté — avec les extraits du document qui justifient chaque verdict, plus un état distinct pour les fichiers illisibles. Il génère et affine ensuite les questions d'entretien à partir de ces mêmes critères, enregistre l'entretien et en produit la transcription à partir du fichier, gère les salles et les créneaux, envoie les invitations selon des règles définies une fois, et transforme la décision — prise dossier par dossier ou en lot — en un export PDF.

Ce PDF est le point de contact avec le reste de votre système, et c'est volontaire. Il contient la décision, sa date, les critères appliqués et la personne qui a validé : exactement la troisième famille de champs décrite plus haut, celle de la traçabilité. Il se verse dans le dossier du salarié, quel que soit l'outil dans lequel ce dossier vit. Vous n'avez pas besoin d'un connecteur pour cela, et c'est une bonne nouvelle : aucune synchronisation ne peut échouer en silence.

Pour la liaison des champs d'identité et de contrat, nous ne prétendons pas remplacer un connecteur : les trois chemins décrits plus haut restent valables, et dans la plupart des équipes de taille moyenne, l'export du dossier retenu suffit largement, parce qu'il concerne quelques recrutements par mois et une quinzaine de champs. C'est la conséquence assumée d'un périmètre étroit : nous prenons le travail de lecture et de décision, nous laissons l'administration du personnel à l'outil qui la fait déjà, et nous ne réclamons pas d'être le système de référence de vos salariés. Le détail de ce périmètre, écran par écran, est décrit sur la page Orova Recruit.

Questions fréquentes

Un ATS fait-il partie du SIRH ?

Dans la façon dont les éditeurs découpent leurs offres, le recrutement figure souvent comme une brique parmi d'autres, aux côtés du dossier salarié, des temps et de la paie. Dans la façon dont les données circulent, la réponse utile est différente : l'ATS est le système de référence de la période candidate, le SIRH celui de la période salariée, et le basculement a lieu une fois, à la signature. Vous pouvez très bien avoir les deux chez le même éditeur et devoir quand même écrire cette règle : un module et une base partagée ne suppriment pas la question de savoir qui corrige quoi.

Faut-il transmettre les notes d'entretien au dossier du salarié ?

Non, et pour deux raisons qui se renforcent. Sur le fond, une note écrite pour départager deux finalistes n'a plus de sens une fois la personne en poste ; elle sera lue dans un contexte pour lequel elle n'a pas été écrite. Sur la forme, ces éléments appartiennent au traitement recrutement, distinct du traitement de gestion du personnel. Ce qui doit traverser tient en trois champs : la décision, sa date, et la personne qui l'a validée.

Combien de temps garder les candidatures non retenues ?

La page publique de la CNIL consacrée aux durées de conservation, relue le 29 août 2026, donne l'exemple des données d'un candidat non retenu conservées deux ans au maximum en base active par le service des ressources humaines, sauf demande d'effacement de la personne. Au-delà de cette phase, la conservation éventuelle relève de l'archivage intermédiaire, avec une séparation d'avec la base active et un accès réservé à des personnes habilitées. Le décompte part du dernier contact, pas de la date de dépôt.

Le connecteur « natif » annoncé par mon fournisseur suffit-il ?

Il suffit s'il répond aux quatre questions posées plus haut : sens de circulation et champs qui redescendent, fréquence et comportement en cas d'échec, traitement d'un dossier transmis deux fois, et possibilité de modifier vous-même la correspondance des champs. Demandez une démonstration sur ces quatre points précis, avec le dossier de test difficile, plutôt qu'une capture d'écran de la page de configuration.

Peut-on se passer de liaison automatique ?

Oui, et c'est le cas de la majorité des équipes qui recrutent quelques personnes par mois. Une saisie encadrée par une liste de champs écrite, ou un fichier exporté conservé comme trace, coûte moins qu'un projet d'intégration et casse moins souvent. La liaison automatique devient intéressante quand le volume rend la double saisie pénible et surtout quand elle devient irrégulière : c'est l'irrégularité, plus que le temps passé, qui fabrique les erreurs.

Que faire de la fiche d'un candidat qui se désiste après la promesse ?

Décidez-le avant de choisir le moment du transfert, car les deux questions sont liées. Si vous créez la fiche salarié dès l'acceptation de la promesse, prévoyez la procédure d'annulation dans le SIRH — dans beaucoup d'outils, une fiche créée puis annulée laisse une trace qu'il vaut mieux connaître à l'avance qu'un vendredi soir. Si vous attendez la signature, le désistement n'a aucun effet côté RH : le dossier reste une candidature, et suit le calendrier de conservation des candidatures.

Deux outils différents, est-ce vraiment plus compliqué ?

Plus compliqué à brancher, oui, une fois. Plus simple à vivre ensuite, souvent, parce que chacun garde un périmètre clair et que la frontière est visible. Le vrai risque de l'assemblage n'est pas technique : c'est de laisser la frontière implicite. Une table de correspondance écrite, un système de référence désigné et une liste de champs validée suppriment l'essentiel de la difficulté.

Ce qu'il faut retenir

La place d'un ATS dans un système de ressources humaines ne se décrit pas avec une liste de fonctions : elle se décrit avec la propriété des données. L'outil de recrutement fait autorité tant que la personne est candidate ; l'outil RH prend le relais à la signature, une fois, et pour de bon. Le reste découle de cette phrase.

Trois documents suffisent à tenir l'ensemble, et aucun ne dépasse une page. La liste des champs qui traversent, avec le moment du passage et le nom de la personne qui valide. La table de correspondance des champs entre les deux outils, avec sa colonne de transformations et sa date de revue. Les trois lignes de votre registre qui disent combien de temps vous gardez une candidature non retenue, ce que vous en faites ensuite, et à partir de quelle date vous comptez.

Le chemin technique — saisie, fichier ou connecteur — vient après ces trois documents, jamais avant. C'est l'inversion de cet ordre qui produit les projets d'intégration qui n'aboutissent pas : on branche deux outils avant d'avoir décidé ce qui devait passer, et on découvre en cours de route que la question n'était pas technique.

Enfin, gardez la règle du sens unique. Rien ne revient du SIRH vers l'outil de recrutement, y compris quand le connecteur le propose gentiment. Ce que vous voulez savoir sur la suite — la personne est-elle toujours là un an après — se mesure par un décompte, pas par des fiches qui remontent.

La brique de tri que le SIRH n'a pas

Orova Recruit prend le travail que votre SIRH ne fait pas : jusqu'à cinq cents CV par poste notés retenu, à revoir ou écarté avec les extraits qui justifient la note, des questions d'entretien tirées de vos propres critères, l'enregistrement et la transcription des entretiens, les salles et les créneaux, puis une décision exportée en PDF à verser au dossier du nouveau salarié.

Voir Orova Recruit